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lundi 27 juillet 2009

La grippe A : "une gripette" pour Bernard Debré


Hier, dans le Journal du Dimanche, a été publiée une interview fort amusante et franche du professeur de médecine et député UMP Bernard Debré, à propos de la grippe A.

Selon lui,
"Cette grippe n'est pas dangereuse. On s'est rendu compte qu'elle était peut-être même un peu moins dangereuse que la grippe saisonnière. Alors maintenant, il faut siffler la fin de la partie !"

"Tout ce que nous faisons ne sert qu'à nous faire peur", a-t-il ajouté. Et il tranche d'un "cela reste une 'grippette', ce n'est ni Ebola, ni Marburg", souligne-t-il.

Je n'ai pas l'habitude de remercier des élus UMP mais là, je m'incline et de je ne peux qu'apprécier cette saignée dans la pyschose alimentée depuis plusieurs mois par les politiques, les médias et la "surmédiatisation politique"...

Et le député UMP tacle Roselyne Bachelot, même s'il dit ne pas accuser la ministre : "les vaccins ne seront pas prêts avant le 15 novembre", c'est-à-dire "lorsque le premier pic de contamination sera passé".

La grippe A est donc (a) une vaste supercherie montée par la société du spectacle, (b) une blague autour de laquelle on s'est agité de façon inconsidérée et à laquelle ils n'ont pas su apporter une réponse efficace et correcte. On nage dans le ridicule.

lundi 29 juin 2009

Burqa, cagoule, manifestations

Le texte anti-cagoule est passé. Soit. Le port de la burqa est en train d'être discuté. Alors, en attendant, s'il faut se protéger du soleil, du froid, ou se masquer, portez une burqa!

Même si ce "vêtement" est une véritable infamie, je ne serai pas étonné si les casseurs s'en servent lors des manifestations.

Qui va vérifier si ce sont des hommes ou des femmes sous ces burqa? On ne soulève pas les jupes des filles... On ne soulève pas les burqa non plus.

mardi 23 juin 2009

Sarkozy à Versailles, le roi borgne


Nicolas Sarkozy a prononcé hier son premier discours devant le Congrès, à Versailles : le fruit de la réforme de la Constitution de juillet 2008. Ce matin, dans la presse, il était simple de faire un constat : seuls Etienne Mougeotte du Figaro et Francis Pécresse dans Les Echos ont apprécié - que dis-je, admiré - l'intervention du président français. Les autres, presque tous les autres éditorialistes, journalistes de quotidiens nationaux ou régionaux ont été déçus.

Quoi de plus normal ? Nicolas Sarkozy a fait un discours de premier ministre puisque Matignon n'est rien d'autre qu'une coquille vide hantée par un chef de gouvernement fantôme, maraboutée par l'Elysée et les nombreux conseillers du président.

Certains, ce 23 juin, comme Claude Askolovitch sur Europe 1, ont souligné la solitude de Nicolas Sarkozy. "Sarkozy est seul, parce qu’il n’y a plus de rival à droite, plus de menace à gauche. (...) il n’y a plus personne." Dans le Républicain Lorrain, on pouvait lire : "la mise en scène permet de profiter au maximum du résultat des européennes en montrant un Nicolas Sarkozy dominant seul, de son Aventin un champ de ruines politiques".

Un champ de ruines, certes, mais qui n'a montré qu'un petit chef terne, sans grandeur, sans ambition, sans émotion. Une vision désolante qui rappelle qu'au pays des aveugles, le borgne est roi.

lundi 20 avril 2009

Segolène Royal : l' "excuseuse"

Que ne ferait pas un politique pour remplir l'espace médiatique ?

Chacun sa méthode. Si Fillon joue les vampires craignant la lumières des projecteurs comme les autres (les vrais, les romantiques) craignent l'ail, l'eau bénite ou les rayons de notre chère étoile, des personnages politiques - comme Royal - innovent.

L'ex-candidate du PS aux présidentielles de 2007 s'est inventée excuseuse. Un néologisme de rigueur puisque cette pratique est nouvelle. Après s'être excusée auprès des Sénégalais et des Africains, après le discours de Sarkozy de 2007, elle s'est excusée auprès de Zapatero pour les propos du locataire de l'Elysée lors d'un déjeuner "privé", ou disons en comité restreint.

Pas idiot comme idée de se poser en excuseuse de Sarko. Vu qu'il l'ouvre tout le temps, à tort et (souvent) à travers, elle a de quoi faire, elle n'a pas fini. Ca c'est du filon! De plus, elle n'a plus à s'arracher les cheveux pour inventer de nouveaux motifs pour communiquer. Elle le laisse vivre, enchaîner les mots, les maladresses... et pouf, elle apparaît pour l'excuser.£

Rien de mieux pour occuper la sphère publique : passer le balai après celui qui y fout le plus de déchets. Sarko souille, Sego nettoie. En fait d' "excuseuse", elle serait presque "rippeuse", à rattraper ses dérapages.

Si on remonte un peu en arrière, elle a de quoi faire :
Sarko qui provoque un marin pêcheur

Sarko qui traite un mec de "pov' con"
Sarko qui fait valser le préfet de la Manche
Sarko qui s'augmente de 175%
Sarko qui veut karchériser la banlieue
etc.
etc.

etc.

Bref, il y a une bonne et une mauvaise nouvelle au final : Nous constatons qu'au PS, on a des idées, on sait innover au moins sur les stratégies de communication. Mais nous constatons que Ségolène Royal n'a pas le sens des priorités ; elle devrait d'abord s'excuser auprès de ses deux attachés parlementaires qui n'ont pas reçu plusieurs mois de salaires...

mercredi 15 avril 2009

Du conservatisme et de la bêtise française

C'est un cliché de dire que les Français sont conservateurs... Et qu'est-ce que le conservatisme si ce n'est - grossièrement - un paradigme empreint de nostalgie, une tentation de retour en arrière, conduire les yeux sur le rétroviseur et les deux pieds sur le frein du temps qui passe.

Le sondage qui met Jacques Chirac en tête des personnalités politiques préférées des Français illustre parfaitement le conservatisme Hexagonal. Les Français sont déçus par Sarkozy (et toutes les raisons objectives sont là pour l'être) mais il leur est impossible de voir l'après ; ils ne le peuvent pas, ils ne peuvent que regarder en arrière.Que c'est triste. Il n'y a rien de plus triste qu'un cliché qui se vérifie.

Enfin, il est amusant de voir la corrélation entre bêtise et conservatisme. Si les Français n'étaient pas des veaux, ils n'auraient pas voté pour Sarko aux dernières présidentielles. S'ils avaient réfléchi un minimum, ils auraient anticipé l'omniprésence de cet hyperactif à la parole aussi insupportable que dévaluée.

mardi 14 avril 2009

Rixe entre jeunes à Gare de Lyon : la nauséabonde survente journalistique

Un fait divers avec de jeunes banlieusards survendu par les rédactions. Sur les chaînes d'info en continu, on a parlé de "bandes rivales", chez Reuters - comme un peu partout - on a agité le spectre des bandes organisées.

Foutaises.
Peu importe si les bandes étaient rivales ou non, peu importe si elles se sont rencontrées de façon fortuite, il a fallu que des journalistes survendent l'info, la rendent "crado".

Rappel des faits : Mardi 14 avril 2009 vers 4h du matin, aux abords de la gare de Lyon, un jeune de 17 ans est décédé et deux autres grièvement blessés, suite à une rixe entre deux bandes.
Les deux bandes, l'une d'Aulnay-sous-Bois (Seine-Saint-Denis), l'autre d'Athis-Mons (Essonne), se sont rencontrées par hasard.
Certains jeunes étaient en vélib'. Un type est tombé. Les moqueries fusent en face. Le jeune maladroit se relève et jette son vélo sur les moqueurs. Bagarre générale... avec des armes blanches. A l'anglaise (les jeunes Anglais ont les poches pleines de couteaux, un phénomène récent et inquiétant).

La rencontre était "fortuite". Ils ne se sont pas donnés rendez-vous à l'aube pour se castagner.

Les mecs n'étaient même pas connus des services de police. Et pourtant, dans les infos, on a entendu des "bandes rivales", comme si ce fait relevait de la guerre des gangs : fantasme. Chez Reuters, on a tout de suite parlé de "bandes organisées", en faisant une mise en contexte sur les expéditions punitives de Gagny, Garges-lès-Gonesse, avec la batterie de mesures annoncées par Sarkozy... Encore un peu, il nous sortait des valises de coke et le grand banditisme. Ok, le matin-même Estrosi était sur le plateau d'iTélé. Ok, il faut faire des liens... Mais si l'intelligence est la capacité à faire des liens, certains ne sont pas opportuns et ne doivent surtout pas être survendus, sinon ils relèvent de la bêtise.

Sur iTélé, et LCI, ils ont survendu. Chez Reuters, c'est pire : Laure Bretton, Clément Dossin et Gérard Bon, et Sophie Louet en écrivent presque plus sur le contexte - sans lien avec l'événement - que sur l'événement même!

Je déplore la grave irresponsabilité des journalistes qui alimentent ainsi la stigmatisation des banlieues et de ses habitants, et entretiennent de fait le discours sécuritaire du petit Nicolas.

lundi 13 avril 2009

Hadopi : les amateurs, Karoutchi... et l'opposition?

Après la tortognole infligée à la majorité suite au rejet du texte "Création et Internet" jeudi dernier, Nicolas Sarkozy a fustigé l'amateurisme des parlementaires et s'en était pris à Jean-François Copé, le chef des députés UMP, Roger Karoutchi, le secrétaire d'Etat aux relations avec le Parlement, Bernard Accoyer, sur son perchoir, et François Fillon, l'invisible premier ministre.

Mais ça grogne du côté des députés UMP. Pas tous évidemment. Le député-maire d'Etampes (Essonne) Franck Marlin (UMP) s'est dit samedi "fier d'être amateur", en réagissant aux propos du chef de l'Etat. Dans son communiqué, Franck Marlin se dit "fier d'être amateur". "Au sens propre, c'est quelqu'un qui aime les choses bien faites", ajoute le député-maire d'Etampes, pour qui "ce projet de loi est mal ficelé et suscite beaucoup de défiance chez les députés de toutes tendances".

De son côté Roger Karoutchi, qui accumule les revers - en perdant les primaires face à Valérie Pécresse malgré une communication intense et un coming-out réussi - a fait savoir qu'il était prêt à démissionner. "Si le président de la République avait souhaité ma démission, elle lui était acquise", a-t-il dit dans un entretien accordé au journal Le Monde daté de mardi. On ne lui en demandait pas tant. Mais ça aurait été intéressant.

Enfin, une fois que tout cela est dit, on se rend compte qu'on ne parle pas de l'opposition... Normale, elle n'existe pas, trop rongée par ses querelles internes. Et ce n'est pas cette petite réussite qui va faire oublier l'agonie qui règne sur la rue de Solférino.

Allez, réveillez-vous!

vendredi 10 avril 2009

Séquestrer : l'art de la table

Sony, 3M, Caterpillar, Scapa... Les séquestrations de patrons se multiplient. Une méthode radicale pourtant jugée "acceptable" par 45% des Français. Et c'est bien normal.
En bon Gaulois, les Français aiment la convivialité et les arts de la table. Ils savent à quoi sert la séquestration : partager un peu de temps avec son boss, l'amener à la table (des négociations) qu'il a si souvent fuie. Lui casser les pieds en l'obligeant à casser la croûte, autour d'un café-croissant après une bonne nuit au bureau, ou autour d'un sandwich merguez après une longue journée de travail. C'est bien connu, on discute mieux autour d'un repas. Pas étonnant que cette technique se développe de façon endémique au pays de la gastronomie.

jeudi 9 avril 2009

Manifestations : vire ta cagoule !

Michèle Alliot-Marie souhaite interdire le port de cagoule, d'écharpe et de masque dans les manifestations pour prévenir les actes de vandalisme. "Je constate qu'à l'intérieur des manifestations, il y a un certain nombre de gens qui ne viennent pas du tout pour la manifestation mais, profitant d'être dissimulés derrière des cagoules, pour commettre un certain nombre d'exactions", a-t-elle déclaré.

C'est quoi cette blague? Ils vont contrôler tous les mecs avec des écharpes, des keffieh? On va confisquer leur vêtement? On va mettre des vestiaires à l'entrée des manifestations pour qu'ils les y déposent et les récupèrent en sortant? Ca veut dire qu'en hiver, les honnêtes manifestants seront obligés de battre le pavé sans écharpe, d'attraper froid et de s'enrhumer?

En plus, cela signifie pas de masques de farce et attrape : pas le droit de mettre des masques de Sarkozy,Bertrand, Bush, Merkel, etc
. Bref, pas de liberté de caricature dans les manifestations. Scandaleux. Stupide! Ridicule.

Pas de voile dans les écoles : oui!
Pas de masques dans la rue : non!

Encore un peu et bientôt on n'aura pas le droit de mettre des lunettes de soleil pendant les manifs... Sauf des Ray-Ban.

mercredi 25 mars 2009

A crise radicale, réponses radicales

La crise est si violente que les réponses le sont également. La loi du Talion économique et sociale, disons.

Les difficultés sociales sont un terreau fertiles pour les actions radicales. Dernièrement, ce sont les séquestrations de patrons qui se multiplient, comme à Sony où là chez 3M à Pithiviers (Loiret). Cela va si loin que des responsables syndicaux se suicident comme cet employé de l'usine de porcelaine Deshoulières SA à Chauvigny (dans la Vienne) qui a expliqué dans une lettre expliquant son geste qu'il subissait de trop grandes pressions dans son travail, demandant que son acte soit considéré comme un accident du travail.

Face à de tels drames (tant pour les salariés, les chômeurs, que pour les patrons)
, je me demande comment certains peuvent encore se demander si la crise existe belle et bien, si "tout ça" n'est pas une invention des médias... Allez demander aux 80.000 chômeurs supplémentaires de janvier si la crise est une invention, une fiction. Allez discuter, échanger quelques mots avec les personnes qui forment ces chiffres sans visages et les statistiques sans vie.

La crise appelle la radicalité, on le sait, on l'a déjà vu en 1933. Si pour l'instant, c'est surtout l'extrême gauche qui se fait entendre, on ne doute pas que les activistes d'extrême droite sont sur la rampe, prêts à dégainer. D'ailleurs la xénopobie est latente. N'oublions pas ces ouvriers britanniques qui demandaient des jobs anglais pour des Anglais. Des revendications qui se voulaient sociales, non raciales, certes. Mais le ton est là. Il rôde, gardons cela à l'esprit.

Un homme avertit en vaut deux. Un homme qui se sent menacé de mort, et qui ne voit pas le bout tu tunnel peut tuer, lui-même ou les autres.

samedi 21 mars 2009

Nadine Morano sur le plateau de Laurent Ruquier le 21 mars 2009

La secrétaire d'Etat à la famille était invitée dans "On n'est pas couché" pour revenir sur son annonce favorable au recours aux mères porteuses pour des raisons médicales et dans un cadre "très encadré".

Manque de bol, à peine installée dans le fauteuil central façon Sharon Stone dans "Basinc Instinct", Nadine Morano est assaillie de questions, sur le pape et le préservatif, le scandale Total, la rémunération des patrons, le bouclier fiscal, le pouvoir d'achat.


Enervante. Cette fille d'ouvrier est énervante
; exaspérante d'énergie déplacée, de hargne enragée, de réponses fleuves inintéressantes. Elle fatigue son interlocuteur en le perdant dans des détails stériles ("la page 11, colonne de droite", "la semaine prochaine j'inaugure..."). Peu brillante, juste très volontaire, et sarkozyste jusque dans son ADN, elle noie la discussion dans une mare de petits riens et cherche simplement à montrer qu'elle connaît ses dossiers.

Sur la forme c'est assommant. Sur le fond c'est consternant : elle a quand même tenté de vendre une énième fois la loi TEPA comme un dispositif ayant des vertus sociales! Par ailleurs, elle a repris l'argument d'Eric Woerth, le ministre du budget, qui en répondant à Pierre Méhaignerie avait lancé à l'Assemblée qu'on ne pouvait pas changer de stratégie "tous les quatre matins". Or un problème majeur réside dans cette idée : depuis son arrivée à l'Elysée, Sarkozy passe son temps à jouer la rupture. Une démarche dans laquelle la crise l'aide beaucoup : quel meilleur argument pour casser les pratiques, les règles ?

Sous réserve de pragmatisme, Sarko passe son temps à tout revisiter tout réarranger. Il rebat les cartes constamment. Et s'il avait la moindre consistance, la plus élémentaire cohérence, le président qui a inventé le remaniement perpétuel devrait revenir sur le bouclier fiscal, avoir la force de revenir sur ses promesses électorales, constater que la nouvelle situation l'exige ardemment.

mardi 17 mars 2009

Un collégien de 12 ans arrêté au volant d'une voiture

Un gamin de 12 ans a été arrêté lundi à Tours au volant d'une voiture en se rendant au collège. Il se servait depuis jeudi du véhicule de son oncle pour se rendre à l'école et rentrer chez lui. Le jeune garçon a été interpellé par des policiers intrigués de voir une tête dépasser à peine du pare-brise et des vitres d'une voiture, un break. Le conducteur venait juste de faire monter un copain. Il était 8h20.

La maman, mère au foyer, ne s'est aperçue de rien et le père est en déplacement professionnel.

Allez savoir s'il n'avait pas bu, avec les décisions de la mère Bachelot, cela ne serait pas étonnant. En tout cas, la mère qui ne s'est aperçue de rien, elle, doit avoir besoin de lunettes, ou avait un coup dans le nez.

Et qu'on ne me parle pas de la France sans permis!

lundi 9 mars 2009

Entre Alcool et Red Bull, Bachelot balance

La publicité pour l'alcool est autorisée sur Internet. Internet qui est très utilisé par les ados... et les jeunes adultes.

Cette autorisation détonne avec le tollé de la commercialisation du Red Bull l'été dernier... Le Red Bull qui excitait soi-disant la consommation d'alcool des jeunes. Roselyne Bachelot avait même appelé à boycotter le Red Bull (dire "Raide bulle" pour la prononciation à la Bachelot), alors qu'il est vendu dans 25 des 27 pays de l'UE.

Certes, les open-bars ont été interdits. Mais entre autoriser le Red Bull et autoriser la publicité d'alcool sur Internet, d'un point de vue "protection de la jeunesse", Bachelot devrait plutôt s'exciter sur la 2e mesure.


Nous n'en sommes plus à une contradiction près. Mais le plus grave réside dans le message flou et incohérent que l'exécutif envoie aux jeunes. Il donne aux ados les armes pour contredire leurs parents. Ils n'en demandaient pas tant.

dimanche 8 mars 2009

L'UMP et la culture : Bigard, c'est possible!


Alors que le gouvernement a enfin reconnu publiquement la récession qui va nous lessiver, il était nécessaire pour la majorité de détourner l'attention. Quoi de plus simple? Nommer Gilbert Montagné et David Douillet à la direction de l'UMP, histoire de remplir les colonnes des journaux et les sièges des plateaux de télé avec deux marionnettes. Mais au-delà de ça, ces nominations nauséabondes n'inaugurent rien de bon pour la politique française.

Retour sur deux questions posées à Dominique Paillé, porte-parole de l'UMP, par Dimanche +, sur Canal +.


Dimanche +
: La prochaine étape c'est Jean-Marie Bigard à la culture ?

Dominique Paillé : Ecoutez ce serait une vision de la culture qui permettrait de sortir de l'élitisme dans lequel nous sommes malheureusement confortés depuis un certain nombre de gouvernement successif, notamment de gauche depuis quelques années.

D+ : C'est une UMP populaire alors ?

D.P : L'UMP est un mouvement populaire et tout ce qui peut nous rapprocher de la population est toujours bon à prendre.


Ce qu'il faut comprendre
:
1) Bigard à la cultre, why not? Ca serait même une bonne idée.
2) L'UMP n'est pas l'Union pour un Mouvement Populaire mais pour l'Union pour un Mouvement Populiste.
3) La différence entre la gauche et la droite, est que la première fait de "l'élitisme intellectuel" pour tirer la population vers le haut, tout en veillant à aider les plus démunis. La seconde, elle, fait de la culture guimauve sans exigeance pour amuser la population pendant qu'elle asphyxie les plus démunis et multiplie les cadeaux aux plus aisés.



lundi 2 mars 2009

Lang, Royal, le PS recense ses "talents"


Ces derniers jours, le mot "talent" est revenu dans la bouche des dirigeants socialistes.

Pour Vincent Peillon, "elle [Ségolène Royal] peut être encore demain celle qui portera nos couleurs. Ce n'est pas intelligent de la part notamment de responsables socialistes de vouloir abîmer les talents du PS."


Concernant l'envoi de Jack Lang à Cuba, la première secrétaire du PS, Martine Aubry, a lancé, en marge d'une visite au salon de l'agriculture : "cela fait partie des talents de la France, Jack Lang ! Tout le monde a envie de les utiliser". "On utilise les talents, les contacts de Jack Lang pour que la France soit présente au moment où les Etats-Unis veulent sans doute reprendre contact à Cuba, a-t-elle déclaré, réfutant totalement une quelconque traîtrise.

Mais Segolène Royal est-elle un talent de la France, plus qu'un "simple" talent du PS ? La question reste ouverte.

Et Jack Lang est-il un talent du PS avant d'être un talent de la France ? La question reste ouverte.

En pleine période de recensement, le PS continue à recenser ses talents. Qu'il continue, je tiens les comptes.

mercredi 18 février 2009

Michèle Alliot-Marie nie le désintérêt de Sarkozy pour la Guadeloupe

A l'Assemblée Nationale, le 17 février, Louis-Joseph Manscour (le député PS de la Martinique) a pris à parti la ministre de l'Intérieur et de l'Outre-Mer, Michèle Alliot-Marie. Après l'intervention acclamée - par une partie de l'Assemblée - du premier, la seconde a répondu : "Je ne saurais vous laisser dire que le président de la République ou le premier ministre se désintéressent de l'Outre-Mer ou se sont désintéressés de la Guadeloupe".

Ca se discute. Et la réponse est toute trouvée : Nicolas Sarkozy, lors de son grand oral du 5 février, s'est gargarisé de SON élection, de SON mandat, de SA fonction. Il a présenté des cadeaux au patronnat, il a retiré des billes aux collectivités locales... Mais il n'a pas dit un mot sur la grève générale qui touchait la Guadeloupe depuis le 20 janvier...

Alors bien sûr, le président ne peut pas être exhaustif même avec 90 minutes de questions. Mais là, tout de même, ne pas parler une seule fois de la Guadeloupe, si ce n'est pas du désintérêt... C'est du mépris.

lundi 16 février 2009

Martin Hirsch et "la charrue"

Alors que dans deux jours, le 18 février, Nicolas S. va recevoir les partenaires sociaux - date sur laquelle il s'était très largement défaussé lors de son grand oral du 4 février - Martin Hirsch a fait la une de Liberation et était l'invité du Grand journal de Canal +. Ceux qui ont lu le quotidien et regardé cette émission, ont pu voir que le haut commissaire à la jeunesse a sorti la même formule : "mettre les boeufs avant la charrue ". Je serais curieux de voir comment cette formule est arrivée dans le cabinet du transfuge du parti socialiste. En répétant ce gimmick, on prend note de l'importance qu'elle revêt dans son opération de communication.

Malgré "la fin des paysans" annoncée par Henri Mendras, la France est un pays agricole - du moins un pays qui a cette image à l'international et qui à l'intéreieur de ses frontières reste attaché à une certaine image "de la terre", une imaginaire rustique (Cf. l'émission "la ferme célébrité", sur TF1). Ainsi, Martin Hirsch l'a bien souligné, il ne compare pas les jeunes à des boeufs. Et c'est bien compris. Mais ses conseillers, eux, misent sur cette expression familière et paysanne. Histoire que les Français, en bons bouseux qu'ils sont, comprennent bien la volonté de l'éxécutif : "eh les gars, on veut tellement vous aider qu'on va aller à rebrousse-poil du dicton : cette fois, on va mettre les boeufs avant la charrue! Carrément!".

Eh ouais, bande de ploucs, Nicolas S. et sa team, ils en veulent. Et ils la font là, la rupture. En mettant la charrue avant les boeufs! La prochaine fois, ils iront encore plus loin : ils mettront les grands plats dans les petits.
Enfin, rappelons que normalement on met toujours les boeufs avant la charrue. Une banalité que le dicton nous rappelle constamment de ne pas oublier! Ce que propose Hirsch n'a donc rien de révolutionnaire. Il a voulu faire un "mot". Mais dans un sens ou dans l'autre, ça ne marche pas. Désolé.

vendredi 6 février 2009

La lettre de la présidente de Paris-10 Nanterre à Pécresse

Voici la lettre ouverte de Bernadette Madeuf, Présidente de Paris-10 Nanterre, à Valérie Pécresse. Elle se suffit à elle-même.
La Présidente, Nanterre, le 4 février 2009 A Madame Valérie PECRESSE Ministre de l’enseignement supérieur et de la Recherche
Madame la Ministre,

Au fil des jours, dans notre université Paris Ouest Nanterre La Défense, le nombre des assemblées générales, par U.F.R., par départements se multiplie ; les motions s’accumulent. Et chaque fois grandit le nombre d’enseignants-chercheurs exprimant leur opposition au projet de décret réformant leur statut d’universitaire. Les raisons de leur désaccord sont certes diverses mais devant un sujet aussi complexe comment s’en étonner ? Ce qui rassemble les collègues dans le refus, c’est cette volonté qu’ils perçoivent de régenter sans prendre le temps d’écouter pour comprendre. Un de mes éminents prédécesseurs à la présidence de notre université, René Rémond, a enseigné à des générations d’étudiants sa définition de l’extrémisme : « penser qu’il y a des solutions simples aux problèmes compliqués ».

Madame la Ministre, je vous en prie, écoutez la rumeur qui enfle chaque jour en provenance des horizons de pensée les plus divers.

A Paris Ouest, cette semaine est consacrée aux examens de fin de premier semestre. Lundi prochain c’est la rentrée ; je ne peux me résoudre à l’idée que les étudiants deviennent dès la semaine prochaine, les otages d'un entêtement de l’employeur de leurs enseignants. Vous le savez, d’autres acteurs de l’Université que les enseignants-chercheurs sont préoccupés de leur avenir ; notamment les personnels administratifs et techniques et surtout les étudiants avec la montée du chômage qui assombrit leurs perspectives professionnelles. Madame la Ministre, je vous en prie, écoutez, maintenant !

Je vous prie de recevoir, Madame la Ministre, l’expression de mes salutations respectueuses.
Bernadette MADEUF

jeudi 29 janvier 2009

GREVE du 29/01 : protéiforme et contre un système malade

C’est devenu une banalité de le dire et de l’écrire mais celui qui avait dit « maintenant quand il y a une grève, on ne s’en rend même pas compte », est obligé de ravaler ses paroles… De 1 (selon la police) à plus de 2 millions (selon les syndicats) d’individus dans les rues, dans toute la France, forcément ça ne passe pas inaperçu.

A Paris, les rues entre la place de la Bastille et celle de l’Opéra étaient pleines. A 17h, devant l’Opéra bastille, tout un pan du cortège continuait à piétiner… C’est dire si la foule était au rendez-vous.

L’ambiance était familiale. Ici et là, on trouvait des familles entières, et des enfants en bas âge sur les épaules de leur père. Ici encore, un homme d’un certain âge en aidait un autre plus jeune à monter sur une borne de collecte de verre, lequel voulait prendre un meilleur point de vue, un peu surplombant.

Le fondement de l’appel à cette manifestation peut sembler brouillon. Et il l’était. Mais, cette mobilisation protéiforme ne fait que soulever le malaise transversal et multiforme qui touche l’ensemble de la société, à commencer par les classes moyennes et populaires.

Contrairement à ce qu’on peut entendre ici et là, et notamment dans la bouche de Xavier Bertrand dans l’émission « A vous de juger », les Français n’ont pas exprimé leur crainte et leur inquiétude face à la crise qui est en train de déferler. Les Français ont exprimé leur ras-le-bol de ce système qui marche à l’envers, ce système qui fait payer aux salariés les erreurs des spéculateurs, ces spéculateurs qui continuent à se remplir les poches en temps de crise, ces spéculateurs qui font payer aux autres – et au prix fort - leurs gaffes, et gardent pour eux les bénéfices quand cela marche.

Le malaise n’est pas ponctuel. Les racines du mal sont beaucoup plus profondes et multiples. Elles s’ancrent certes dans la crise mais dans les raisons de celle-ci, ses conséquences, sa gestion. Elles se nourrissent également du ressentiment créé par à la politique sarkozyste menée depuis 20 mois…

La CGT scandait ces mots :
Les jeunes dans la misère,
Les vieux dans la galère
De cette société là,
On n’en veut pas !

(bon, je passerai sur la pauvreté musicale attendrissante et ridicule des slogans que l'on retrouve dans toutes les manifestations.)

Beaucoup de métiers de la santé publique étaient présents. Par exemple, on pouvait lire sur un panneau « psychiatrie en danger » .

Sur un panneau bleu-blanc-rouge, on pouvait lire ce message : « URGENCE SOCIALE » .

Au milieu du cortège, on trouvait des « étudiants en grève » de l’école de cinéma Louis Lumière.

On trouvait également un groupe de personnes levant des pancartes au nom de la Ligue des Droits de l’Homme.

Mais cette manifestation était aussi un mouvement dirigé directement à l’encontre de Nicolas S. Des manifestants entonnaient un air dont les paroles étaient celles-ci : « Et là Nicolas, la grève tu t’en aperçois ? »

A noter également qu'étaien brandies beaucoup de pancartes « casse-toi pov’ con » ou tout simplement « pov’ con » .

samedi 24 janvier 2009

Xavier Bertrand alias Oui-oui

(crédit photo : AFP)
On a trouvé le vrai Oui-Oui. Voire même un béni Oui-oui, car béni par l'agité de l'Elysée.
A l'époque, les Guignols avaient fait de Lionel Jospin "Io-Io", sous les traits de Oui-oui.
Maintenant que ce dernier a quitté la vie politique française, on a trouvé son remplaçant. Et cette fois, pas besoin de marionnette.