lundi 27 juillet 2009

La grippe A : "une gripette" pour Bernard Debré


Hier, dans le Journal du Dimanche, a été publiée une interview fort amusante et franche du professeur de médecine et député UMP Bernard Debré, à propos de la grippe A.

Selon lui,
"Cette grippe n'est pas dangereuse. On s'est rendu compte qu'elle était peut-être même un peu moins dangereuse que la grippe saisonnière. Alors maintenant, il faut siffler la fin de la partie !"

"Tout ce que nous faisons ne sert qu'à nous faire peur", a-t-il ajouté. Et il tranche d'un "cela reste une 'grippette', ce n'est ni Ebola, ni Marburg", souligne-t-il.

Je n'ai pas l'habitude de remercier des élus UMP mais là, je m'incline et de je ne peux qu'apprécier cette saignée dans la pyschose alimentée depuis plusieurs mois par les politiques, les médias et la "surmédiatisation politique"...

Et le député UMP tacle Roselyne Bachelot, même s'il dit ne pas accuser la ministre : "les vaccins ne seront pas prêts avant le 15 novembre", c'est-à-dire "lorsque le premier pic de contamination sera passé".

La grippe A est donc (a) une vaste supercherie montée par la société du spectacle, (b) une blague autour de laquelle on s'est agité de façon inconsidérée et à laquelle ils n'ont pas su apporter une réponse efficace et correcte. On nage dans le ridicule.

lundi 29 juin 2009

Burqa, cagoule, manifestations

Le texte anti-cagoule est passé. Soit. Le port de la burqa est en train d'être discuté. Alors, en attendant, s'il faut se protéger du soleil, du froid, ou se masquer, portez une burqa!

Même si ce "vêtement" est une véritable infamie, je ne serai pas étonné si les casseurs s'en servent lors des manifestations.

Qui va vérifier si ce sont des hommes ou des femmes sous ces burqa? On ne soulève pas les jupes des filles... On ne soulève pas les burqa non plus.

mardi 23 juin 2009

Sarkozy à Versailles, le roi borgne


Nicolas Sarkozy a prononcé hier son premier discours devant le Congrès, à Versailles : le fruit de la réforme de la Constitution de juillet 2008. Ce matin, dans la presse, il était simple de faire un constat : seuls Etienne Mougeotte du Figaro et Francis Pécresse dans Les Echos ont apprécié - que dis-je, admiré - l'intervention du président français. Les autres, presque tous les autres éditorialistes, journalistes de quotidiens nationaux ou régionaux ont été déçus.

Quoi de plus normal ? Nicolas Sarkozy a fait un discours de premier ministre puisque Matignon n'est rien d'autre qu'une coquille vide hantée par un chef de gouvernement fantôme, maraboutée par l'Elysée et les nombreux conseillers du président.

Certains, ce 23 juin, comme Claude Askolovitch sur Europe 1, ont souligné la solitude de Nicolas Sarkozy. "Sarkozy est seul, parce qu’il n’y a plus de rival à droite, plus de menace à gauche. (...) il n’y a plus personne." Dans le Républicain Lorrain, on pouvait lire : "la mise en scène permet de profiter au maximum du résultat des européennes en montrant un Nicolas Sarkozy dominant seul, de son Aventin un champ de ruines politiques".

Un champ de ruines, certes, mais qui n'a montré qu'un petit chef terne, sans grandeur, sans ambition, sans émotion. Une vision désolante qui rappelle qu'au pays des aveugles, le borgne est roi.

samedi 2 mai 2009

"Tokyo Sonata", de Kyoshi Kurosawa

Il n'est pas déplacé de qualifier "Tokyo Sonata", le dernier film de Kiyoshi Kurosawa, de sublime.

Dans le Japon d'aujourd'hui, le réalisateur originaire de Kobe fait la chronique d'une société à la dérive et d'une famille dans l'errance la plus totale.
Et vice-versa. Le père, directeur administratif, se fait licencier d'un claquement de doigt et n'ose le dire à sa femme. Il erre. L'aîné se cherche et pense se trouver dans l'armée. Il erre. Le second fils, lui, prend des cours de piano en douce et dit à sa prof' qu'il est triste et qu'il préfère souvent être seul. Il erre. La mère, elle, assiste à l'agonie de sa famille... Et ainsi à la sienne.

Le réalisateur montre des individus bousculés par une société occidentale - dîte civilisée - où la violence n'est plus guerrière mais n'en reste pas moins violente. Une violence sourde, profonde, à peine verbalisée mais criante, frappante par son aspect implacable. Une brutalité sociale, professionnelle, et - par irrigation - familiale. 

Une détresse relationnelle qui laisse l'enfant, l'ado, la femme, et l'homme tous aussi désemparés les uns que les autres. Malheureux chacun de leurs côtés, mais ensemble. L'individu est seul, atomisé face à un destin qu'il n'a pas choisi mais auquel il participe, avec lequel il collabore contre son gré.


Un film sublime et puissant, servi par une réalisation fine, soignée et sobre, où tout est toujours juste, bien senti, équilibré. Et, sans la dévoiler, c'est dernière scène qui va donner un écho creux à vos premiers pas et à vos premières pensées en sortant de la salle obscure.

lundi 20 avril 2009

Segolène Royal : l' "excuseuse"

Que ne ferait pas un politique pour remplir l'espace médiatique ?

Chacun sa méthode. Si Fillon joue les vampires craignant la lumières des projecteurs comme les autres (les vrais, les romantiques) craignent l'ail, l'eau bénite ou les rayons de notre chère étoile, des personnages politiques - comme Royal - innovent.

L'ex-candidate du PS aux présidentielles de 2007 s'est inventée excuseuse. Un néologisme de rigueur puisque cette pratique est nouvelle. Après s'être excusée auprès des Sénégalais et des Africains, après le discours de Sarkozy de 2007, elle s'est excusée auprès de Zapatero pour les propos du locataire de l'Elysée lors d'un déjeuner "privé", ou disons en comité restreint.

Pas idiot comme idée de se poser en excuseuse de Sarko. Vu qu'il l'ouvre tout le temps, à tort et (souvent) à travers, elle a de quoi faire, elle n'a pas fini. Ca c'est du filon! De plus, elle n'a plus à s'arracher les cheveux pour inventer de nouveaux motifs pour communiquer. Elle le laisse vivre, enchaîner les mots, les maladresses... et pouf, elle apparaît pour l'excuser.£

Rien de mieux pour occuper la sphère publique : passer le balai après celui qui y fout le plus de déchets. Sarko souille, Sego nettoie. En fait d' "excuseuse", elle serait presque "rippeuse", à rattraper ses dérapages.

Si on remonte un peu en arrière, elle a de quoi faire :
Sarko qui provoque un marin pêcheur

Sarko qui traite un mec de "pov' con"
Sarko qui fait valser le préfet de la Manche
Sarko qui s'augmente de 175%
Sarko qui veut karchériser la banlieue
etc.
etc.

etc.

Bref, il y a une bonne et une mauvaise nouvelle au final : Nous constatons qu'au PS, on a des idées, on sait innover au moins sur les stratégies de communication. Mais nous constatons que Ségolène Royal n'a pas le sens des priorités ; elle devrait d'abord s'excuser auprès de ses deux attachés parlementaires qui n'ont pas reçu plusieurs mois de salaires...

mercredi 15 avril 2009

Du conservatisme et de la bêtise française

C'est un cliché de dire que les Français sont conservateurs... Et qu'est-ce que le conservatisme si ce n'est - grossièrement - un paradigme empreint de nostalgie, une tentation de retour en arrière, conduire les yeux sur le rétroviseur et les deux pieds sur le frein du temps qui passe.

Le sondage qui met Jacques Chirac en tête des personnalités politiques préférées des Français illustre parfaitement le conservatisme Hexagonal. Les Français sont déçus par Sarkozy (et toutes les raisons objectives sont là pour l'être) mais il leur est impossible de voir l'après ; ils ne le peuvent pas, ils ne peuvent que regarder en arrière.Que c'est triste. Il n'y a rien de plus triste qu'un cliché qui se vérifie.

Enfin, il est amusant de voir la corrélation entre bêtise et conservatisme. Si les Français n'étaient pas des veaux, ils n'auraient pas voté pour Sarko aux dernières présidentielles. S'ils avaient réfléchi un minimum, ils auraient anticipé l'omniprésence de cet hyperactif à la parole aussi insupportable que dévaluée.

mardi 14 avril 2009

La nouvelle star 2009 : l'année de trop ?

La nouvelle star 2009 est-elle l'année de trop ? La réponse est simple mais pas simpliste : oui.

Il semble que le telecrochet aie tout dit, tout fait depuis sa première édition. L'émission a fait connaître le risible Steve Estatov, le "branchouille" décoré par les victoires de la musique Julien Doré, la chanteuse "R&B" pour gamines Amel Bent (et son copain en prison), la tortue propulsée chez les Enfoirés Christophe Willem et la minute Andy Warhol de Sandy Sanders.

Cette émission du 14 avril 2009, la deuxième de la saison '09, pue l'amateurisme à plein nez. C'est juste R-I-S-I-B-L-E. Ca fait karaoké en carton, dans un bouiboui quelconque du Bouchenois. Ca sonne faux, ça chante faux. C'est creux. Autant rester chez soi, sous sa douche ou devant sa glace pour balancer des merdes pareilles.

La palme du pire revient pour moi à Thomas, le candidat issu d'une formation de coiffure, coiffé comme le chanteur des Tokio Hotel. Thomas ne chaante pas comme au XXe siècle, c'est bien plus grave. Il chante comme au temps de Pascal Sevran : celui du brushing de mami, de la chanson française poussiéreuse, des thés dansants de bourgades perdues au milieu des champs. Ce mec ne sait pas bouger, il ne sait pas chanter, il n'a pas de culture musicale, il n'a pas de goût.

Thomas est "une erreur de casting" , selon l'expression que le jury a consacré au type qui s'est fait éliminé lors de cette épisode, Yoann.
Je croyais que cette émission était censée trouver l'interprète qui définirait, selon les membres du jury, l'année 2009... Si ce Thomas définit l'année 2009, je me fais hamish!

Et même lorsque le jury ovationne une prestation, prenons par exemple celle d'Emiliana Jordana qui reprend Blondie je ne comprends pas. Ils ont applaudi le choix de la chanson (si choix il y a), l'arrangement (qui était assez sympa) mais, bordel, le chant était horrible. Peut-être que ça rendait bien en live mais à la télé, c'était un véritable supplice!

Rixe entre jeunes à Gare de Lyon : la nauséabonde survente journalistique

Un fait divers avec de jeunes banlieusards survendu par les rédactions. Sur les chaînes d'info en continu, on a parlé de "bandes rivales", chez Reuters - comme un peu partout - on a agité le spectre des bandes organisées.

Foutaises.
Peu importe si les bandes étaient rivales ou non, peu importe si elles se sont rencontrées de façon fortuite, il a fallu que des journalistes survendent l'info, la rendent "crado".

Rappel des faits : Mardi 14 avril 2009 vers 4h du matin, aux abords de la gare de Lyon, un jeune de 17 ans est décédé et deux autres grièvement blessés, suite à une rixe entre deux bandes.
Les deux bandes, l'une d'Aulnay-sous-Bois (Seine-Saint-Denis), l'autre d'Athis-Mons (Essonne), se sont rencontrées par hasard.
Certains jeunes étaient en vélib'. Un type est tombé. Les moqueries fusent en face. Le jeune maladroit se relève et jette son vélo sur les moqueurs. Bagarre générale... avec des armes blanches. A l'anglaise (les jeunes Anglais ont les poches pleines de couteaux, un phénomène récent et inquiétant).

La rencontre était "fortuite". Ils ne se sont pas donnés rendez-vous à l'aube pour se castagner.

Les mecs n'étaient même pas connus des services de police. Et pourtant, dans les infos, on a entendu des "bandes rivales", comme si ce fait relevait de la guerre des gangs : fantasme. Chez Reuters, on a tout de suite parlé de "bandes organisées", en faisant une mise en contexte sur les expéditions punitives de Gagny, Garges-lès-Gonesse, avec la batterie de mesures annoncées par Sarkozy... Encore un peu, il nous sortait des valises de coke et le grand banditisme. Ok, le matin-même Estrosi était sur le plateau d'iTélé. Ok, il faut faire des liens... Mais si l'intelligence est la capacité à faire des liens, certains ne sont pas opportuns et ne doivent surtout pas être survendus, sinon ils relèvent de la bêtise.

Sur iTélé, et LCI, ils ont survendu. Chez Reuters, c'est pire : Laure Bretton, Clément Dossin et Gérard Bon, et Sophie Louet en écrivent presque plus sur le contexte - sans lien avec l'événement - que sur l'événement même!

Je déplore la grave irresponsabilité des journalistes qui alimentent ainsi la stigmatisation des banlieues et de ses habitants, et entretiennent de fait le discours sécuritaire du petit Nicolas.

lundi 13 avril 2009

Hadopi : les amateurs, Karoutchi... et l'opposition?

Après la tortognole infligée à la majorité suite au rejet du texte "Création et Internet" jeudi dernier, Nicolas Sarkozy a fustigé l'amateurisme des parlementaires et s'en était pris à Jean-François Copé, le chef des députés UMP, Roger Karoutchi, le secrétaire d'Etat aux relations avec le Parlement, Bernard Accoyer, sur son perchoir, et François Fillon, l'invisible premier ministre.

Mais ça grogne du côté des députés UMP. Pas tous évidemment. Le député-maire d'Etampes (Essonne) Franck Marlin (UMP) s'est dit samedi "fier d'être amateur", en réagissant aux propos du chef de l'Etat. Dans son communiqué, Franck Marlin se dit "fier d'être amateur". "Au sens propre, c'est quelqu'un qui aime les choses bien faites", ajoute le député-maire d'Etampes, pour qui "ce projet de loi est mal ficelé et suscite beaucoup de défiance chez les députés de toutes tendances".

De son côté Roger Karoutchi, qui accumule les revers - en perdant les primaires face à Valérie Pécresse malgré une communication intense et un coming-out réussi - a fait savoir qu'il était prêt à démissionner. "Si le président de la République avait souhaité ma démission, elle lui était acquise", a-t-il dit dans un entretien accordé au journal Le Monde daté de mardi. On ne lui en demandait pas tant. Mais ça aurait été intéressant.

Enfin, une fois que tout cela est dit, on se rend compte qu'on ne parle pas de l'opposition... Normale, elle n'existe pas, trop rongée par ses querelles internes. Et ce n'est pas cette petite réussite qui va faire oublier l'agonie qui règne sur la rue de Solférino.

Allez, réveillez-vous!

vendredi 10 avril 2009

Séquestrer : l'art de la table

Sony, 3M, Caterpillar, Scapa... Les séquestrations de patrons se multiplient. Une méthode radicale pourtant jugée "acceptable" par 45% des Français. Et c'est bien normal.
En bon Gaulois, les Français aiment la convivialité et les arts de la table. Ils savent à quoi sert la séquestration : partager un peu de temps avec son boss, l'amener à la table (des négociations) qu'il a si souvent fuie. Lui casser les pieds en l'obligeant à casser la croûte, autour d'un café-croissant après une bonne nuit au bureau, ou autour d'un sandwich merguez après une longue journée de travail. C'est bien connu, on discute mieux autour d'un repas. Pas étonnant que cette technique se développe de façon endémique au pays de la gastronomie.